Des toilettes sèches dans une association en Guyane
Article mis en ligne le 29 octobre 2019

Voici un témoignage de l’installation et du vécu de toilettes sèches... en Guyane !

L’association GRAINE Guyane est un réseau d’éducation à l’environnement. Nous avons dans le jardin du siège de l’association une salle de réunion particulière : un carbet, qui ressemble à un kiosque. Ce carbet est accessible à tous nos adhérent.e.s, donc cela fait du passage.

Évidement, qui dit réunion ou événement, plus ou moins long, dit aussi passage aux toilettes et une chasse d’eau de 10L à chaque fois...

Pour réduire notre consommation d’eau potable qui partait dans la cuvette, nous avons commencé par mettre des briques à l’intérieur du réservoir de la chasse d’eau pour qu’elle se remplisse moins.

Puis, il y maintenant 3 ans, nous sommes passés aux toilettes sèches ! Au début, lorsque nous l’expliquions à nos adhérent.e.s, certain.e.s comprenaient très bien notre démarche, et d’autres moins. Maintenant tout le monde s’ y est fait, et l’équipe de salarié.e.s plébiscite nos toilettes sèches.

Nos toilettes sont dans une petite cabane installée sur le côté du bâtiment qui nous sert de bureau, à côté d’un robinet extérieur. C’est un simple cube en bois avec une lunette de toilettes en bois à l’intérieur duquel est un seau. Quand le seau est plein nous le vidons dans un bac à compost. (et parfois directement aux pieds de nos bananiers et papayers au fond du jardin).
Nous avons deux bacs à compost pour alterner le compostage car il mature rapidement en Guyane, 9-10 mois suffisent ! Nous proposons alors aux adhérent.e.s et salari.é.e.s de le récupérer afin de vider le bac et hop la rotation du compostage est faite.

Nous avons inclus les toilettes sèches dans le règlement d’utilisation du carbet : après sa réunion ou manifestation, si le seau est plein, l’adhérent.e doit le vider dans le compost. Cela se passe très bien, tout le monde joue le jeu. De plus, cela facilite l’accès au carbet et aux commodités lorsque le local est fermé !

Entre les 5 salari.é.e.s cela marche aussi très bien, c’est chacun son tour pour vider le seau.

Pour la sciure, rien de plus simple : nous la récupérons chez un menuisier/charpentier. Il a un souffleur qui récupère la sciure directement dans des gros sacs. On lui ramène un sac vide et on repart avec un sac plein !

En Guyane tout le monde n’a pas accès à l’eau courante qui vient surtout de la récupération d’eau de pluie, donc les toilettes sèches sont une super alternative ! En plus la terre est plutôt pauvre car lessivée par la saison des pluies, donc ce compost permet de la nourrir sans avoir à acheter du compost ou du terreau aux grands distributeurs de produits de jardin.