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Toilettes sèches dans une maison de village

En plein coeur d’un village, dans une petite maison avec jardinet, des toilettes à compost qui ont coûté 70 euros en tout et résolu les problèmes d’assainissement d’une famille de 4 personnes.

Article mis en ligne le 19 mai 2009
dernière modification le 28 janvier 2016
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Les toilettes sèches de Fred et Sab

 

Toilettes sèches dans une maison de village
Nous habitons une petite maison dans un village du Lauragais depuis maintenant 4 ans ½. Nous avons un petit jardin attenant de 80 m2 qui surplombe notre maison de 50 cm . Nous avons accepté d’acheter cette maison avec un principal inconvénient : pas de tout à l’égout dans le village, les eaux grises partent donc dans les fossés. Chez nous, il était installé sous le garage une fosse étanche de 5m3 pour l’évacuation des toilettes. La partie habitable du bas étant assez étroite, et le garage offrant 50 m2 supplémentaires, nous avons transformé la partie plein sud du garage en cuisine. Mais nous nous retrouvions avec la fosse étanche sous la cuisine et dans l’incapacité d’installer une fosse septique dans le jardin (trop petit et trop haut par rapport à la maison). La mairie nous avait assuré que dans 2 ans au plus tard, le tout-à-l’égout serait en place dans notre village, il fallait patienter. Seulement la fosse nécessitait une vidange tous les 6 mois, avec un nettoyage général et une bombe d’insecticide pour éviter d’avoir des milliers de mouches dans toute la maison ! L’horreur écologique ! Sans compter la facture de 150 euros à chaque vidange. Au bout d’un an et demi, voyant que le tout à l’égout n’était pas encore à l’ordre du jour dans notre village, nous nous sommes mis à chercher une autre solution...

 

C’est là que nous avons entendu parler des toilettes sèches... Nos premières recherches se sont orientées sur des toilettes sophistiquées avec ventilateurs intégrés, séparation des urines et matières fécales, mais toutes présentaient un coût très élevé pour une solution provisoire. Les toilettes rustiques nous paraissaient trop rustiques pour être installées en intérieur (la peur des mouches encore et des odeurs). Finalement, c’est en discutant avec des personnes qui en avaient vues et essayées que nous apprenions que ça ne sentait pas mauvais et qu’il n’y avait pas de mouches. Nous décidâmes donc de tenter la toilette sèche rustique en intérieur. Au début , nous voulions en acheter une tout prête mais avec un seau en inox, c’était encore trop cher pour notre budget. N’acheter que le seau en inox : encore trop cher. A force de visiter des sites internet, nous avons compris que c’était très simple à fabriquer et c’est ce que nous décidâmes de faire !

 

Il fallait cependant en parallèle régler quelques problèmes techniques pour être opérationnel ;

 

  • Trouver la sciure ou les copeaux localement , et en quelle quantité ? Notre maison est petite , nous avons peu de place pour les stocker. Nous trouvâmes une scierie qui fait de la sciure de pin principalement (mais nous la vend), l’avantage étant que c’est lui qui garde les stocks.

  • Avoir un composteur suffisamment grand, avec la question : en combien de temps va-t-il se remplir ? Les odeurs ? Notre jardin ne mesure que 80 m2 et nous aimons manger dehors ! Que dire aux voisins ? Là pas de réponse immédiate, il fallait tenter, voir, observer, et abandonner si cela devenait ingérable. Nous avions déjà un petit composteur de 200 litres, et avons décidé d’en installer un de 500 litres à côté ; coût  : 40 euros

  • Composteurs

  • Combien de fois faudrait-il vider notre seau par semaine sachant que nous sommes une famille de 4 ? Là encore, nos recherches nous amenaient à dire entre 3 fois par semaine à 1 fois tous les 15 jours. On verrait donc à l’usage .

  • Qu’allaient dire nos voisins proches à force de nous voir vider ce seau ? Nous décidâmes de le faire le plus discrètement possible et ne pas les provoquer lorsque qu’ils se trouvaient dans leur jardin ou mangeraient dehors. Nous décidâmes aussi d’entourer le coin compost de canisses, histoire de ne pas le mettre à la vue de tous.

  • Place du composteur

 

Ces problèmes étant réglés, il fallait trouver le seau idéal pour la réalisation sur mesure des toilettes. L’inox étant trop cher, nous nous sommes rabattus sur le plastique. Ce seau devait :

  • avoir une grande contenance et être assez haut (60 litres minimum)

  • pouvoir être porté par une seule personne (les poubelles de 100 litres sont trop grandes)

  • avoir un couvercle pour le transporter lors des vidanges

  • avoir un renflement en haut , ce qui permettrait d’adapter une glissière, pour qu’il soit bien fixé sous le support.

  • Seau de dessous

Nous en avons trouvé un modèle un qui se vendait en tant que coffre de rangement, et décidâmes d’en acheter 2 exemplaires, car restions sceptiques sur la résistance de ces bacs dans le temps.

 

Il ne restait plus qu’à faire le socle sur lequel nous allions reposer une lunettes en bois qui serait vissée dessus. Il nous restait quelques planches de parquet, 2 tasseaux sur chaque mur latéral pour fixer le tout, le seau s’adaptait dessous grâce à la glissière, les toilettes étaient construites. Nous avions un vieux seau en zinc et une louche en trop : ça deviendrait le distributeur de sciure dans les toilettes .

 

Total du coût : 2 seaux à 15 euros, une lunette en bois à 15 euros (et encore, nous aurions pu récupérer la lunette en plastique de nos anciennes toilettes) : Total : 30 euros

En Novembre 2005, nous démontions donc nos toilettes à eau pour installer nos toilettes sèches à la place.

 

Voici donc plus d’un an et demi que nous vivons avec ces toilettes sèches rustiques à l’intérieur de notre maison. Voici un premier bilan :

 

Gestion des toilettes dans la maison

 

  • Nous les vidons tous les 4 jours environ, c’est variable en fonction de notre présence, c’est très facile, il n’y a pas besoin de gratter, tout se détache naturellement, un ou deux rinçages à l’eau vidée directement dans le compost, le seau ressort tout propre. De temps en temps, nous le nettoyons avec un désinfectant (bio évidemment) . Pour la vidange il faut penser à utiliser des gants caoutchouc pour se protéger d’éventuels germes pathogènes .

  • Au bout de 6 jours , ça commence à générer une légère odeur, mais rien à voir avec l’odeur d’urine de toilettes mal entretenues. L’odeur du bois prend vite le dessus... Nombreux sont les invités qui sont surpris car ils trouvent que ça sent bon dans nos toilettes. L’essence de bois de la sciure y est pour beaucoup cependant, c’est le pin qui convient le mieux. Nous avons essayé des copeaux de bois exotique, c’est une catastrophe au niveau de l’odeur : à éviter !

  • Tous les invités réagissent très bien et font des remarques positives sur l’odeur, les amis de nos enfants acceptent très bien surtout lorsqu’on leur explique l’avantage écologique. Même les préadolescents de 11-12 ans. Les plus jeunes adorent verser la louche de sciure. Un petit garçon de 3 ans qui est venu en pension chez nous une semaine est devenu propre car il adorait verser de la sciure dans son petit pot de chambre.

  • Il n’y a plus de bruit de chasse d’eau dans la maison, c’est un super avantage la nuit !

 

Gestion du compost :

 

- A vider tous les 4 jours notre seau + nos épluchures + nos déchets de jardin, notre composteur de 200 litres se remplit en 3 mois environ .

  • Au bout de 3 mois, nous vidons ce compost dans le grand composteur de 500 litres en y laissant 1/3 de compost pour permettre de conserver les micro-organismes pour activer la décomposition de ce qui suivra.

  • Ensuite, il faut le laisser mûrir encore 6 mois au moins. Il est globalement souvent chaud et quelquefois fume.

  • Au bout de 9 mois, il est prêt à être utilisé dans notre jardin. Nos fleurs et arbres adorent .

 

Principal inconvénient :

 

Nous fabriquons trop de compost pour la taille de notre jardin, nous n’en utilisons que la moitié et n’avons pas trop de place pour le stocker. Heureusement, nous avons des voisins (à 1km) qui sont ravis de le récupérer (fait au moins de 3 mois) et le laissent mûrir au moins 2 ans pour pouvoir l’utiliser dans leur jardin potager. Mais ça reste une grande contrainte d’avoir à déménager ce compost en trop !

 

Autre chose

 

Nous n’avons jamais abordé le sujet de nos toilettes avec nos voisins proches, car ne sommes pas sûrs de leur réaction. Nous sommes cependant moins « stressés » qu’au début s’ils venaient à le découvrir vu que voici 1an ½ que nous utilisons ce système et savons que nous ne générons ni mauvaises odeurs, ni attirances de mouches, ni maladies.

 


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